Cette année, neuf élèves volontaires de 3e du collège Notre-Dame de Bressuire – Léony, Leyla, Lola, Lise, Manon, Justine, Yamine, Mahel et Léo – se sont engagés dans un projet de mémoire exceptionnel autour de l’histoire de Régine Goldblat, une jeune femme juive sauvée à Bressuire pendant la Seconde Guerre mondiale grâce à une extraordinaire chaîne de solidarité.

Accompagnés par Marlène Robein, responsable de projets et intervenante en cinéma et audiovisuel de l’association 1.COM1, les élèves participent à l’écriture et à la réalisation d’un court-métrage d’environ dix minutes intitulé :

« La nuit prochaine, ils vont tous être ramassés… »

Ce projet retrace le destin de Régine Goldblat. Arrêtée une première fois avec sa famille lors de la rafle des 8 et 9 octobre 1942, elle est relâchée en raison de sa nationalité française. Menacée une nouvelle fois, elle est alors cachée jusqu’à la fin de la guerre grâce au courage et à l’engagement de nombreux habitants de Bressuire et des environs.

À l’initiative des époux Jeanne et Aimé Sochard, récemment reconnus Justes parmi les Nations, une véritable chaîne de solidarité se met en place. Armand Compain, Jackie Beaudeux, M. Guérineau, Mme Mennece, Jean Sochard, Berthe Guédon, Georges Goyault et Alfred Grenier prennent eux aussi tous les risques pour protéger la jeune femme, lui procurer de faux papiers et l’aider à rejoindre un refuge sûr.

Les élèves raconteront ainsi deux histoires : celle de Régine Goldblat, qui survivra à la guerre mais ne reverra jamais sa famille déportée, et celle des hommes et des femmes qui ont choisi de résister et de sauver une vie au péril de la leur.

Ce travail s’appuie notamment sur les recherches d’Alain Cadu, auteur de l’ouvrage Années 40-50, un Bressuire fort occupé. Celui-ci est intervenu auprès des élèves afin de leur faire découvrir le contexte historique local et les événements vécus par la population bressuiraise durant l’Occupation.

À partir de décembre 2025, les élèves ont bénéficié d’ateliers animés par Marlène Robein pour découvrir le langage cinématographique, mener des recherches historiques, écrire le scénario et imaginer la mise en scène. Ils ont ensuite participé au tournage du film, accompagnés par leurs enseignants et l’intervenante cinéma, tout en conservant une grande liberté de création.

Au-delà de l’apprentissage des techniques audiovisuelles, ce projet constitue une véritable réflexion sur la mémoire, l’engagement et les valeurs de solidarité. Il permet aux élèves de donner vie à une histoire locale forte et de s’interroger sur les choix et le courage de celles et ceux qui ont refusé l’indifférence face à la persécution.

À travers ce court-métrage, les neuf collégiens deviennent à leur tour des passeurs de mémoire, afin que le destin de Régine Goldblat et l’héroïsme des Justes parmi les Nations continuent d’être transmis aux générations futures.